« Nous avons posé les bases d’une collaboration encore plus étroite. »

En novembre 2020, les participants au Sommet national de la formation professionnelle ont approuvé le plan de mise en œuvre pour la systématisation de la gouvernance de la formation professionnelle. La nouvelle structure a été mise en place début janvier 2021. Rémy Hübschi, chef de la division Formation professionnelle et continue au SEFRI, nous la présente et explique ce qu’elle doit permettre d’atteindre.

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Rémy Hübschi : « La nouvelle structure de gouvernance améliore notamment
le pilotage et le développement de la formation professionnelle. » Photo : Béatrice Devènes

Qu’est-ce que cette nouvelle structure de gouvernance apporte à la formation professionnelle?
Je suis convaincu qu’elle la renforce à plusieurs égards. Elle en améliore notamment le pilotage et le développement. Cette nouvelle structure permet en outre d’associer un plus grand nombre d’acteurs et de les faire davantage participer. En disant cela, je ne pense pas seulement à la CTFP, mais aussi, par exemple, aux différents forums de dialogue. C’est un moyen pour nous non seulement de traiter plus spécialement certaines thématiques et certaines questions, mais aussi de mieux prendre en compte l’avis d’un maximum d’acteurs. Un autre avantage est la possibilité de réduire à la fois la densité normative et la bureaucratie. Une structure de gouvernance qui fonctionne bien, c’est une première étape. Elle ouvre la voie à une deuxième étape, celle de l’optimisation des processus et des incitations.

Vous avez énuméré quelques objectifs. À quoi sera consacrée cette année concrètement?
En 2021, nous voulons aussi continuer à développer la formation professionnelle. Je citerai pour exemple le projet sur les processus et les incitations, qui sera lancé cette année dans le cadre de l’initiative « Formation professionnelle 2030 ». La CTFP se concentrera sur trois priorités, à savoir les inefficacités et les erreurs d’allocation des ressources dans le développement des professions, le financement des cours interentreprises et le financement des procédures de qualification. Les différents organes concernés traiteront ces thématiques en 2021 afin que tous les acteurs du domaine soient partie prenante de ce projet.

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Quel rôle joue la CTFP dans le cadre des mesures de lutte contre la pandémie de coronavirus dans la formation professionnelle?
C’est toujours la Task Force « Perspectives Apprentissage » qui est l’organe de référence en la matière. Elle a été créée en mai 2020 par le conseiller fédéral Guy Parmelin. Son mandat a été prolongé jusqu’à la tenue du Sommet national de la formation professionnelle, à l’automne 2021, afin que les jeunes et les entreprises bénéficient, comme en 2020, de bonnes conditions cadres, que ce soit sur le marché des places d’apprentissage, durant la formation professionnelle initiale ou lors de l’entrée dans le monde du travail.

Comme la Task Force se compose pour l’essentiel de membres de la CTFP, la cohérence est garantie quant au contenu.

L’année 2020 a été principalement marquée par la pandémie de coronavirus. Qu’en retenez-vous pour ce qui est de la formation professionnelle?
Les partenaires de la formation professionnelle ont tous été confrontés à de nombreux défis, mais nous avons réussi à accomplir beaucoup de choses en faisant front ensemble. L’été dernier, comme tous les étés, près de 75 000 jeunes ont ainsi pu terminer leur formation professionnelle initiale. Grâce au programme de promotion « Places d’apprentissage Covid-19 », la Confédération a  également soutenu des projets proposés par des cantons et des organisations du monde du travail et représentant toutes les régions de Suisse pour un montant de quelque 14 millions de francs (état début
janvier 2021).

En quoi la crise du Covid-19 va-t-elle influer sur la formation professionnelle en 2021?
Il n’y pas encore de réelle perspective de sortie de crise. Un objectif reste néanmoins réel pour nous, celui d’organiser autant que possible les procédures de qualification 2021 conformément au droit en vigueur. Nous prévoyons aussi de maintenir la procédure de choix d’une profession. Même dans les conditions actuelles, les jeunes, leurs parents et les autres personnes de référence doivent pouvoir se faire une idée précise de l’ensemble des possibilités et débouchés qu’offre la formation professionnelle. Nous devons par ailleurs veiller à ce que les entreprises soient toujours disposées à accueillir des personnes en formation. Nous n’allons certes pas manquer de travail. Pour autant, je suis convaincu que cette année, tout comme l’année passée, nous allons réussir, main dans la main, à relever tous ces défis qui nous attendent.

Informations complémentaires :

Rémy Hübschi, SEFRI
Chef de la division Formation professionnelle et continue

www.tbbk-ctfp.ch/fr

https://www.sbfi.admin.ch/content/sbfi/fr/home/services/publications/base-de-donnees-des-publications/s-n-2021-1/s-n-2021-1d.html