Solar Orbiter observe de premières éruptions solaires

En route vers sa mission scientifique principale, la sonde spatiale Solar Orbiter a livré ses premières images d’éruptions solaires. Cette mission conjointe de l’Agence spatiale européenne ESA et de l’Agence spatiale américaine NASA a pour but d’étudier l’atmosphère solaire supérieure et les courants du vent solaire qui touchent la Terre. Des instruments développés en Suisse sont à bord.

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Aucune autre sonde spatiale avant Solar Orbiter n’avait permis de capter des images si rapprochées de la surface solaire. Ce cliché montre de mini-éruptions solaires, appelées «feux de camp».
Photo: ESA

Lancée en février 2020, la sonde spatiale Solar Orbiter se trouve actuellement en phase de croisière avant le début de sa mission scientifique principale, prévu en novembre. Cela n’empêche pas certains instruments de fournir déjà de premières données scientifiques sur l’environnement spatial à proximité de la sonde. D’autres instruments ne sont actifs que sur de courtes périodes, cette phase de croisière servant à leur étalonnage.

Les aurores polaires sont un effet des éruptions solaires
Lors d’un passage rapproché auprès du Soleil, en début d’année, plusieurs instruments de Solar Orbiter ont observé pour la première fois une éjection de masse coronale (CME). Il s’agit d’une éruption solaire provoquant l’éjection de plasma constitué d’électrons, de protons et d’autres particules atomiques. Du fait que le vaisseau spatial se trouvait alors «derrière» le Soleil vu de la Terre, la transmission des données et leur analyse ont duré environ trois mois. Les CME projettent des particules élémentaires dans l’espace et peuvent ainsi influencer la météorologie spatiale. Sur Terre, elles se manifestent souvent sous la forme d’aurores polaires.

L’étude de ces éruptions solaires est l’un des objectifs scientifiques de la mission de Solar Orbiter, prévue sur sept ans. La sonde fournira également des observations rapprochées sans précédent du Soleil et livrera les premières images de ses régions polaires inexplorées. L’objectif de la collaboration scientifique entre l’ESA et la NASA est de comprendre l’origine du vent solaire. Il s’agit d’un courant constant de particules chargées qui traverse tout le Système solaire et prolonge le champ magnétique du Soleil jusqu’à la Terre. Ces nouvelles connaissances devraient en définitive permettre de mieux prévoir la météo spatiale et, par conséquent, de mieux protéger certaines infrastructures sur la Terre (par ex. systèmes de communication et de navigation). En effet, ces technologies dépendent des systèmes électriques sensibles, et les « orages magnétiques d’origine solaire » sont des phénomènes météorologiques spatiaux intenses qui menacent leur bon fonctionnement.

L’expertise suisse est de la mission
L’orbiteur de 1,8 tonne emporte à bord dix instruments scientifiques. L’un d’entre eux est le télescope à rayons X STIX, qui a été conçu par des chercheurs de la Haute école spécialisée du nord-ouest de la Suisse pour observer les rayons X émis par le Soleil. Du savoir suisse se cache aussi dans le spectographe imageur SPICE, développé par un consortium dont fait partie l’Observatoire physico-météorologique PMOC/WRC de Davos.

Nombreux sont les autres partenaires suisses ayant apporté leur compétence. Par exemple, l’entreprise Almatech a mis au point l’imageur dans l’ultraviolet extrême (EUI), un composant pour SPICE qui permet de capter des images dans le spectre ultraviolet. Ces développements ont été soutenus par le programme PRODEX (Programme de développement d’expériences scientifiques) de l’ESA, auquel la Suisse participe activement.

Informations complémentaires

Kamlesh Brocard, SEFRI
Collaboratrice scientifique Division Affaires spatiales

www.esa.int/solarorbiter

https://www.sbfi.admin.ch/content/sbfi/fr/home/services/publications/base-de-donnees-des-publications/s-n-2021-3/s-n-2021-3h.html