L’apprentissage tout au long de la vie comme une évidence

La numérisation des processus de travail, la mondialisation des marchés du travail et les changements dans la société et le monde professionnel obligent les personnes et les entreprises à s’adapter sans cesse. Les effets de la pandémie de coronavirus illustrent parfaitement le rôle que joue la formation dans l’évolution de chacun et dans sa mobilité professionnelle. D’où l’importance que la Suisse accorde à la formation continue, à la reconversion, à la réinsertion et, de manière plus générale, à l’apprentissage tout au long de la vie. Quelles considérations et quelles attentes sous-tendent cette approche?

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Cohérence des offres

En Suisse, l’acquisition de compétences professionnelles s’inscrit dans un système perméable et coordonné, qui s’articule autour des trois types de formation suivants:

  • la formation formelle (obtention de titres formels au degré secondaire II et au degré tertiaire);
  • la formation continue à des fins professionnelles, qui peut être rapidement adaptée (formation non formelle, p. ex. cours, certificats propres à certaines branches, etc.);
  • la formation informelle (compétences acquises sur le lieu de travail, littérature spécialisée).

Un autre atout du système suisse est le lien étroit entre la formation professionnelle et le marché du travail. Les milieux économiques participent au développement et à la mise à jour des titres délivrés dans le domaine de la formation professionnelle et des offres de la formation continue par l’intermédiaire des organisations du monde du travail.

La perméabilité du système éducatif en Suisse permet à tout moment de changer d’activité et de rester dans une démarche d’apprentissage. Chacune et chacun peut actualiser ses compétences ou en acquérir de nouvelles, l’apprentissage sur le lieu de travail étant aussi un moyen d’atteindre ces objectifs. Les reconversions chronophages dans des professions impliquant des compétences complétement différentes font figure d’exception.

La formation continue à des fins professionnelles donne la possibilité aussi bien de renouveler, d’approfondir ou de compléter ses qualifications professionnelles que d’en acquérir de nouvelles. En cela, elle soutient la flexibilité professionnelle des personnes. Il peut s’agir, par exemple, de suivre des cours afin d’élargir ses connaissances sur les nouveaux outils informatiques. Employés et entreprises sont ainsi à même de s’adapter rapidement à de nouvelles réalités et à de nouvelles exigences.

C’est en forgeant que l’on devient forgeron

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Katrin Kraus, professeur en formation professionnelle et continue, Université de Zurich. Photo: màd

«L’apprentissage tout au long de la vie est la somme de plusieurs petits pas. Le facteur subjectif est décisif: apprendre à un moment déterminé a-t-il un sens du point de vue des contenus, du parcours (professionnel) et de la mise en pratique dans le quotidien? Tout dépend du contexte: existe-t-il une offre qui conviendrait et les conditions adéquates sont-elles réunies? Y a-t-il des exigences ou des objectifs qui rendent indispensable l’assimilation de nouvelles connaissances?

L’apprentissage en soi jouit-il d’une reconnaissance dans l’entourage professionnel et social? La démarche d’apprentissage est un processus que l’on peut qualifier de vertueux: plus on progresse, plus on a envie d’apprendre pour continuer à progresser. Pour encourager l’apprentissage tout au long de la vie, il faut donc créer un environnement d’apprentissage favorable et des conditions propices à l’accomplissement de nouveaux projets en la matière.»

Haut degré de participation à la formation continue

La participation à la formation continue en Suisse est élevée: en 2019, près de 27% de la population résidente permanente âgée de 25 à 64 ans indiquaient avoir participé à au moins une offre de formation continue (formation non formelle) au cours des quatre semaines précédentes. Globalement, la participation à la formation continue a augmenté d’environ 9% entre 2011 et 2019. Avec de tels résultats, la Suisse devance tous les autres pays depuis plusieurs années.

Il n’en demeure pas moins que la participation à la formation continue varie, notamment selon le niveau de formation, la situation par rapport au marché du travail et le statut professionnel. Elle diminue en général à partir de 50 ans.

La participation à la formation continue a reculé en raison de la pandémie de coronavirus, principalement durant le deuxième trimestre de l’année 2020 (17% contre 29% auparavant). Elle a ensuite repris une courbe nettement ascendante entre juillet et décembre 2020. Au quatrième trimestre 2020, le taux de participation n’était plus que de quatre points de pourcentage en dessous de la valeur des quatre années précédentes. La diminution de la participation à la formation continue observée en 2020 concernait toutes les tranches d’âge, avec toutefois une baisse beaucoup plus marquée chez les 60 à 74 ans que chez les plus jeunes. Il est à noter que ces variations se sont retrouvées dans toutes les régions linguistiques.

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La formation informelle n’apparaît pas quant à elle dans les statistiques de la formation continue. Cette démarche d’apprentissage sans participation à un cours constitue une grande partie de l’apprentissage tout au long de la vie. Pendant la pandémie de coronavirus, nombre de personnes ont dû s’adapter à de nouvelles modalités de travail, comme par exemple le télétravail, et développer de nouvelles compétences.

Informations complémentaires

Philipp Theiler, SEFRI
Chef de l’unité Formation continue et encouragement de projets

https://www.sbfi.admin.ch/content/sbfi/fr/home/services/publications/base-de-donnees-des-publications/s-n-2021-5/s-n-2021-5b.html